Trois semaines de mauvais temps ont réduit fortement la protection de la pointe du Cap Ferret
Le mauvais temps que subit la presqu’île du Cap Ferret depuis près de de 3 semaines, met à mal la protection du littoral de la commune, tout particulièrement en sa pointe sud. Cet article est l’occasion d’illustrer les effets ravageurs de l’océan mais aussi de vous apporter l’information sur ce thème qui désormais n’est plus, ou presque plus, un sujet de polémique.
Nous allons aborder les points suivants avec de nombreuses illustrations photographiques, cartographiques, des vidéos tournées sur place et des interventions d’éluS locaux ainsi que des témoignages de Benoit Bartherotte.
SOMMAIRE
8000 mètres cube de sable perdus en cette journée du 24 novembre
Les réserves accumulées entre aout 2020 et aout 2021 qui avaient permis de ré-ensabler le domaine public de près de 120 000 mètres cubes sont aujourd’hui en train de fondre dans l’océan. En effet, les trois semaines consécutives de tempêtes et de mauvais temps, ont considérablement affaibli la protection de la pointe du Cap Ferret .
Les images parlent d’elles mêmes ! ce jeudi matin à marée haute associé à un coefficient de 96, les vagues surgissent et tentent de submerger la dune protectrice ! Que ce serait-il passer sans protection ? Je vous laisse imaginer la submersion de notre chère presqu’île….

Évolution du trait de côte jusqu’en 2010
La première reprographie est un document assez exceptionnel qui montre comment la pointe du Cap Ferret n’a cessé de s’allonger tant que seules les dunes étaient présentes ! En effet, il ne faut pas oublier que le territoire du Cap ferret était quasiment la dernière terre vierge de la France jusqu’au début du 19ème siècle. Alors sous l’effet du boisement des dunes opéré massivement sous l’Empire avec Napoléon III et l’urbanisation d’Arcachon, les mouvements des courants ont progressivement changé … C’est ainsi que le littoral du Cap Ferret s’est mis a fortement s’éroder sur les faces est (Mimbeau) et sud (pointe du Cap Ferret).
La seconde image montre la pénétration progressive et continue de l’océan dans les côtes du cap Ferret depuis 1950 , l’érosion est aussi présente bien entendu coté ouest (plages océanes). Ainsi, il est donc évident que sans la double protection que constitue la digue de la pointe associée à un ré-ensablement régulier de la façade sud, les habitations seraient rapidement inondées puis submergées !


Les réserves de sable fondent cet autonme
Benoit Bartherotte, estime déjà avoir perdu 18 mètres de protection depuis le début de cet automne et une journée comme celle du jeudi 24 novembre a surement rendu 8000 mètres cube de sable à l’océan ! Ce sable apporté l’an dernier constitue La Défense de 250 mètres de long protégeant les habitations en aval.
La spectaculaire évolution du trait de côte cet automne, en images




Les réserves d’urgence doivent être apportées !
Selon le cabinet BW-CGC ( Ingénieries côtières et portuaires), Un rechargement d’urgence, défini d’après la situation morpho-sédimentaire de 2011 (pré hiver 2013/2014) et des analyses de capacité érosive fonction des conditions hydrodynamiques (vagues incidentes et niveau de marée), est à programmer dès lors qu’un recul de 20 m (par rapport à la situation de décembre 2021 ou de juin 2022) du rebord de la plateforme est observé.

Les différent rôles et responsabilités pour La Défense du Cap Ferret
Tout d’abord, il faut expliquer les trois principaux sujets qui concernent la protection du littoral Sud du Cap Ferret. En effet, on y trouve trois problématiques distinctes dont les responsabilités le sont aussi :
- La protection des villas et terrains individuels
- Là, il s’agit de protection privative. Par exemple, les renforts apporté devant la cabane “Bartherotte” sont à la charge du propriétaire ainsi que la digue.
- La protection du domaine public
- L’association de Défense de la Pointe du Cap Ferret engage plus de 300K€ pour la protection de la face sud du Cap Ferret. Ces donateurs sont représentés en grande partie par les propriétaires, des mécènes souhaitant protéger ce lieu let bien entendu par la famille de Monsieur Bartherotte mais également par les communautés du territoire du Bassin d’Arcachon dont la commune de Lège-Cap Ferret. Ainsi c’est sur ce domaine que l’expérimentation réussie du ré-ensablement par l’apport de 118 000 mètres cube de sable a été réalisé entre août 2020 et août 2021.
- La protection du littoral
- Nous sommes sur la propriété de l’état gérée par le conservatoire du littoral . Mais sur ce sujet, il est désormais évoqué le sujet de l’opportunité d’un allongement de la digue qui permettrait de protéger le littoral sud au delà de la Pointe.
Ré-ensabler de nouveau, une priorité face aux attaques de l’océan
Lors de l’assemblée générale de l’association de défense de la pointe du Cap Ferret, un consensus a été affirmé sur les avantages techniques, économiques et environnementaux d’un solution de ré-ensablement, basée sur une captation au plus proche . Cette opération semble à chacune des parties prenantes ( propriétaires, associations, élus locaux ) devoir être renouvelée cette année encore. Cependant, le dossier est dans les mains de l’administration qui souhaite en préalable faire réaliser une étude d’impact environnemental…. Le temps presse et l’océan ne nous attend pas ! Espèrons des décisions rapides pour ce sujet qui relève de l’impératve protection du littoral de la commune de Lège-Cap Ferret !
Le maire de Lège-Cap Ferret s’exprime sur La Défense du Cap Ferret
Chapitrage de l’intervention du Maire de Lège-Cap Ferret, Philippe de Gonneville lors de l’assemblée générale de l’association de défense de la pointe du Cap Ferret (ADPCF)

Benoit Bartherotte : 40 années de combat pour protéger la presqu’île du Cap Ferret
La vidéo ci dessous vous présente l’évolution des défenses de la pointe du Cap ferret mais également les effets des tempêtes passées ! Vous y retrouverez aussi les témoignages de Benoit Bartherotte dès les années 80. Enfin, prenez le temps d’écouter le podcast audio, une interview réalisée par France Culture en 2015 dans laquelle notre “Indien” local se livre sur les raisons de son combat.

Benoit Bartherotte, les pieds sur terre
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