Recul du trait de côte : ce que révèlent les nouvelles cartes d’aléas sur la presqu’île
Les nouvelles cartes d’aléas du recul du trait de côte à Lège-Cap Ferret sont désormais prises en compte dans l’attente du futur PPRL. Elles confirment la forte exposition de la façade océanique, mais leur lecture reste discutée localement, notamment côté Bassin.
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Des cartes qui peuvent déjà peser sur l’urbanisme
Ces cartes ne doivent pas être lues comme de simples documents d’information. Transmises par la Préfecture dans le cadre de la révision du Plan de Prévention des Risques Littoraux, elles constituent désormais une référence pour apprécier le risque de recul du trait de côte sur la commune de Lège-Cap Ferret, dans l’attente de l’approbation du futur PPRL.
Concrètement, cela signifie que l’état de connaissance du risque doit être pris en compte dans l’instruction des autorisations d’urbanisme. Un projet situé dans une zone fortement exposée doit donc faire l’objet d’une analyse plus stricte, de prescriptions particulières, voire d’un refus si la sécurité des personnes ou des biens est jugée compromise.
Si les cartes d’aléas relèvent d’une analyse technique du recul du trait de côte, certaines situations locales — grandes marées, accès fermés, secteurs bas temporairement exposés — rappellent que les enjeux littoraux sont déjà visibles dans le quotidien de la presqu’île.
C’est ce qui rend ces cartes sensibles. Elles ne sont pas encore le règlement définitif du futur PPRL, mais elles peuvent déjà avoir des effets concrets. Elles donnent à voir la position actuelle de l’État sur les secteurs exposés, avec une approche très prudente, notamment sur la façade océanique, la Pointe du Cap Ferret, les 44 hectares et plusieurs secteurs côté Bassin.
Les 23 zones d’aléas de Lège-Cap Ferret
Avant d’entrer dans le détail secteur par secteur, cette carte générale permet de comprendre comment la Préfecture découpe la presqu’île pour analyser le recul du trait de côte. Elle sert de point d’entrée pour lire l’ensemble du dossier.
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Code couleurs des aléas
Secteurs où le recul du trait de côte est considéré comme le plus important à long terme. Dans l’attente du futur PPRL, la Préfecture recommande d’y encadrer très strictement les nouvelles constructions et les projets augmentant l’exposition des personnes ou des biens.
Zones où le recul du trait de côte est identifié à l’horizon de référence, mais avec une intensité moindre. Ces secteurs peuvent faire l’objet de prescriptions particulières, notamment selon les règles déjà applicables au titre du PPRL submersion marine.
Secteurs où l’exposition retenue est plus limitée dans la projection de long terme. Ils restent toutefois intégrés à la lecture globale du risque littoral et doivent être compris dans le cadre de la révision du PPRL.
Lecture synthétique d’après les cartes d’aléas et le courrier préfectoral transmis à la commune. Ces cartes s’inscrivent dans une approche de prévention à long terme, notamment à l’horizon 100 ans.
Mode d’emploi
Comment lire les cartes d’aléas ?
Le document découpe la commune en 23 zones, depuis la façade océanique jusqu’aux villages côté Bassin. Cette lecture par secteur permet d’identifier les zones les plus exposées au recul du trait de côte, mais aussi les secteurs où l’aléa est plus modéré ou plus localisé.
Ces cartes ne doivent pas être lues comme la photographie instantanée d’un danger immédiat. Elles traduisent une méthode de prévention à long terme, avec une projection pouvant aller jusqu’à l’horizon 100 ans, utilisée dans l’attente de la révision définitive du PPRL.
La façade océanique apparaît fortement exposée, tandis que certains secteurs côté Bassin suscitent davantage de discussions locales, notamment lorsque les zones concernées sont déjà urbanisées ou protégées par des ouvrages.
Façade océanique : une bande d’aléa fort quasi continue
Le premier enseignement de ces cartes est très net : la façade ouest de la presqu’île, côté Atlantique, apparaît presque partout en aléa fort. Une bande orange suit le cordon dunaire depuis les secteurs nord jusqu’aux plages situées plus au sud.
Cette continuité rappelle la réalité physique du littoral océanique : les plages et les dunes ne sont pas des espaces figés. Elles évoluent sous l’effet des tempêtes, de la houle, des marées, des vents et des mouvements de sable. Sur cette partie de la commune, la réalité du recul du trait de côte est largement admise.
Les secteurs concernés
- les plages océanes du nord de la commune ;
- le secteur du Grand Crohot ;
- les zones dunaires et forestières en arrière-plage ;
- les plages du Truc Vert, de la Garonne et de l’Horizon ;
- les abords de la pointe du Cap Ferret.
La pointe du Cap Ferret et les 44 hectares, un secteur fortement impacté
À l’extrémité sud de la presqu’île, les cartes montrent un élargissement important de la zone d’aléa fort. La pointe du Cap Ferret est l’un des secteurs les plus emblématiques, mais aussi l’un des plus mobiles du littoral.
Le secteur du Domaine des 44 hectares apparaît particulièrement concerné par cette lecture des aléas. Sur la carte, l’aléa fort ne se limite pas au bord immédiat de l’océan : il couvre une part importante de ce secteur très connu du Cap Ferret, situé entre la façade océanique, la pointe et les dynamiques complexes des passes.
Cette zone est soumise à des phénomènes littoraux spécifiques : influence de l’océan, proximité des passes, mouvements sédimentaires, évolution des bancs de sable et pression des épisodes de tempête. Visuellement, la carte montre que l’aléa ne se limite pas à une fine frange littorale : il peut s’étendre beaucoup plus largement dans certains secteurs.
Cette représentation cartographique devrait donc susciter une attention particulière, tant elle touche un secteur emblématique de la presqu’île. Elle devra toutefois être lue avec prudence, dans le cadre plus large du débat local sur la méthode retenue par l’État et sur ses conséquences potentielles.
Mimbeau, Bélisaire et façade interne : le cœur de la discussion locale
Côté Bassin, la lecture des cartes est plus sensible. Contrairement à la façade océanique, où l’exposition au recul du trait de côte est largement admise, la projection retenue sur la façade interne suscite davantage de débats. Plusieurs habitants et acteurs locaux estiment que certains secteurs du rivage ont peu évolué depuis des décennies, notamment grâce à la présence d’ouvrages, d’aménagements ou d’usages anciens.
L’État retient toutefois une approche de précaution à long terme. Le raisonnement repose notamment sur l’idée que les ouvrages existants ne peuvent pas toujours être considérés comme pérennes à l’horizon du PPRL. C’est cette différence de lecture — entre observation locale du rivage et méthode nationale de prévention — qui nourrit aujourd’hui une partie des incompréhensions.
Le Mimbeau et Bélisaire illustrent cette complexité : ce sont des lieux emblématiques, très fréquentés, parfois urbanisés, mais aussi soumis à des dynamiques naturelles propres au Bassin.
Le Canon, Piraillan, Claouey : les zones basses attirent l’attention
Les cartes détaillées font aussi apparaître des zones d’aléa modéré, notamment autour de Piraillan, Claouey et certains secteurs bas en arrière du rivage. Ces zones, représentées en jaune, sont importantes car elles montrent que le risque littoral ne concerne pas uniquement les maisons ou équipements situés en première ligne.
C’est aussi dans ces secteurs que la lecture peut être la plus difficile pour le public. Une carte d’aléa ne dit pas qu’un événement va se produire immédiatement. Elle traduit une méthode de prévention et une projection à long terme, qui peuvent ensuite peser sur les règles d’urbanisme.
Ce que ces cartes changent — et ce qu’elles ne changent pas encore
Ces cartes doivent être lues avec prudence. Elles ne signifient pas automatiquement qu’une maison est menacée à court terme, qu’un terrain devient immédiatement inutilisable ou qu’une décision réglementaire définitive est déjà prise.
En revanche, elles préparent une étape importante : celle de la traduction des aléas en règles de prévention. Dans l’attente du futur PPRL, elles peuvent déjà être prises en compte dans l’instruction des autorisations d’urbanisme. À terme, le PPRL pourra avoir des conséquences sur les travaux, les constructions nouvelles, les extensions, les protections ou les conditions d’occupation de certains secteurs.
Ce que la carte montre
- les secteurs exposés au recul du trait de côte ;
- les zones où l’aléa est considéré comme fort, modéré ou faible ;
- la différence entre façade océanique et façade Bassin ;
- la sensibilité particulière de la pointe, des 44 hectares et des zones basses.
Ce qu’elle ne dit pas directement
- elle ne prédit pas une date précise de recul ou de submersion ;
- elle ne remplace pas le règlement final du PPRL ;
- elle ne doit pas être interprétée seule, sans les documents officiels associés ;
- elle ne permet pas, à elle seule, de conclure sur la situation juridique exacte d’une parcelle.
Ce que dit la lettre transmise par la Préfecture au maire
Dans un courrier daté du 16 avril 2026, la Préfecture de la Gironde transmet officiellement au maire de Lège-Cap Ferret les cartes d’aléa liées au recul du trait de côte. Le courrier rappelle que la commune est exposée à un risque de recul du trait de côte et de migration dunaire, ce qui justifie la poursuite de la révision du PPRL prescrite en 2019.
Le document précise que les études techniques de caractérisation de l’aléa sont finalisées, que les cartes ont été présentées en réunion technique puis à la population, et que l’étude complémentaire menée sous maîtrise d’ouvrage communale a été prise en compte après adaptation à la méthodologie appliquée pour le PPRL.
La Préfecture indique aussi que, dans l’attente de l’approbation définitive du PPRL, la commune doit déjà prendre en compte l’état de connaissance du risque dans ses décisions d’urbanisme. Le courrier évoque notamment l’article R.111-2 du Code de l’urbanisme, qui peut permettre de refuser ou d’assortir de prescriptions certains projets lorsqu’un risque pour la sécurité publique est identifié.
Enfin, le courrier préconise, dans les zones d’aléa fort, d’interdire les nouvelles constructions et les changements de destination qui augmenteraient le nombre de personnes ou de biens exposés, sauf exceptions strictement encadrées. En zone d’aléa modéré, il renvoie aux règles du PPRL submersion marine déjà approuvé sur le territoire.
Un enjeu majeur pour l’avenir de la presqu’île
Derrière ces cartes techniques, c’est une question plus large qui se pose : comment continuer à vivre, habiter, protéger et transmettre un territoire littoral aussi fragile que le Cap Ferret ?
La presqu’île attire pour ses paysages, ses villages, ses plages, ses ports et son cadre de vie. Mais cette attractivité repose sur un environnement naturel en mouvement permanent. Le recul du trait de côte rappelle que le littoral n’est pas une frontière fixe : il évolue, parfois lentement, parfois brutalement lors des tempêtes.
Reste une question centrale : comment construire une règle à la fois protectrice, scientifiquement solide et acceptable pour les habitants ? C’est tout l’enjeu de la suite de la procédure. La prévention du risque est indispensable, mais elle devra aussi être comprise, expliquée et discutée, surtout lorsqu’elle peut avoir des conséquences fortes sur la vie locale, les biens privés et l’avenir des villages.
Cartes d’aléas, futur PPRL et PLU : trois niveaux à bien distinguer
En parallèle du dossier sur le recul du trait de côte, la commune de Lège-Cap Ferret est aussi concernée par une enquête publique liée à la régularisation juridique de son Plan local d’urbanisme, ou PLU. Cette procédure relève d’un cadre différent de celui des cartes d’aléas et du futur PPRL.
Elles identifient les secteurs exposés au recul du trait de côte et traduisent l’état actuel de la connaissance du risque. Elles peuvent déjà être prises en compte dans l’instruction des autorisations d’urbanisme.
Le Plan de Prévention des Risques Littoraux doit transformer cette connaissance du risque en règles de prévention : prescriptions, limitations, interdictions ou conditions particulières selon les secteurs.
Le Plan local d’urbanisme fixe les règles générales d’aménagement et de constructibilité sur la commune. Sa régularisation juridique suit une procédure distincte, même si elle concerne aussi l’avenir urbanistique de Lège-Cap Ferret.
Consulter les 23 cartes détaillées par secteur
Pour compléter cette analyse, voici l’ensemble des cartes détaillées par zone. Elles permettent de visualiser plus précisément les secteurs concernés, de la façade océanique jusqu’aux villages côté Bassin.
Carte générale des 23 zones
Zone 01 · Façade océan
Zone 02 · Façade océan
Zone 03 · Façade océan
Zone 04 · Façade océan
Zone 05 · Façade océan
Zone 06 · Façade océan
Zone 07 · Façade océan
Zone 08 · Façade océan
Zone 09 · Façade océan
Zone 10 · Façade océan
Zone 11 · Façade océan
Zone 12 · Pointe du Cap Ferret / 44 hectares
Zone 13 · Mimbeau
Zone 14 · Bélisaire
Zone 15 · La Vigne
Zone 16 · Le Canon
Zone 17 · Piraillan
Zone 18 · Grand Piquey
Zone 19 · Petit Piquey
Zone 20 · Le Four
Zone 21 · Claouey
Zone 22 · Jane de Boy
Zone 23 · Truc de Lège
À suivre sur TVCapFerret
TVCapFerret continuera à suivre l’évolution de la révision du PPRL, les réactions locales et les conséquences concrètes pour les habitants, les propriétaires, les professionnels et les usagers du littoral.
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Cela fait Cinquante cinq ans que j’habite boulevard de la plage au Cap, et de mémoire, nous n’avons jamais vu le bassin arrivé sur la route ou crée des dégâts. La plage est toujours la même et à la même place. Si les engins que remettent du sable n’avaient
pas engraissé la côte au niveau de bélisaire et de l’église, la plage serait toujours plus basse et l’on pourrait compter le nombre de marches exact des escaliers de l’église comme auparavant. Maintenant on n’en voit que cinq ou six alors que quarante ans plus tôt on les voyait toutes, environ une quinzaine. Alors forcément cela aide l’eau à monter plus haut aussi. Creusons plutôt le bassin et ses chenaux et envoyons le sable en haute mer et nous gagnerons un volume plus important en profondeur et moins de submersion. Dans cinquante ans rien n’aura changer coté boulevard ou très peu.
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